Faut-il aller vers une police intercommunale ?

Article DL
« Au cours de la dernière décennie, Échirolles a triplé ses effectifs de police municipale, a opté pour son armement et a mis en place de la vidéosurveillance ».T. Monel

Parlez de sécurité à Thierry Monel, premier adjoint (et adjoint à la tranquillité publique, photo Le DL) d’Échirolles, il vous répondra « rôle de l’État, compétence régalienne, etc. ». Mais, ajoutera-t-il, « ce n’est pas pour ça que les collectivités locales doivent se défiler ». Dans sa commune, ils sont 17 policiers municipaux, que renforcent 2 agents administratifs, 6 agents au centre de supervision urbaine, et 4 agents de sécurité de voie publique (ASVP). « La Ville a triplé ses effectifs dans la dernière décennie », note-t-il. Échirolles a dit oui à l’armement de sa PM, oui également à la vidéosurveillance, et oui à une collaboration renforcée avec les services de la police nationale. « Nous prenons nos responsabilités, résume l’élu, avec les moyens qui sont les nôtres, et qui ne sont pas ceux de la Nationale ».

Ces moyens, justement, gagneraient-ils à être mutualisés au niveau de la Métropole ? Pas si sûr…

« D’abord, on sait que nos citoyens sont attachés à la proximité de leur police. Il faudrait voir comment garder cela… Et puis, plusieurs questions se posent. Toutes les communes de la Métro n’ont pas forcément investi dans des polices municipales : c’est dur de se dire que notre PM va être dispatchée dans des communes n’ayant pas choisi cette dépense…

Et puis, il faudrait se mettre d’accord sur les missions de cette police métropolitaine. À Échirolles, nous n’avons pas de souci avec la vidéo, l’armement, mais ce n’est pas le cas partout. Une vision commune d’une police métropolitaine est-elle possible ?

Enfin, cela demande une organisation, une gestion de service, qui n’est pas d’actualité, car la Métro doit déjà absorber toutes les nouvelles compétences qu’elle a prises. Rajouter le dossier d’une police commune me semble prématuré ».

Pour autant, Thierry Monel trouve quelques bienfaits à la collaboration intercommunale en la matière : « Dans certains domaines, comme la sécurité dans les transports par exemple, cela pourrait permettre un gain d’efficacité. Et certaines zones (Alpexpo par exemple, entre Eybens, Grenoble et Échirolles) gagneraient également à ce qu’existent des modalités d’intervention communes, partagées ».

Retrouvez ci dessous notre réaction :

Notre groupe se réjouit des portes qui ont été ouvertes par le ministre de l’intérieur suite à l’annonce de la création du comité intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance. Une façon d’obliger maintenant chaque élu de gauche de cette agglomération à travailler ensemble aux problèmes de sécurité sur l’ensemble du territoire.
Cette décision vient dans le sens des propositions des élus de droite et du centre de l’agglomération, qui par deux fois, avaient interpellé les élus de gauche pour une réflexion métropolitaine, afin de mutualiser les politiques ainsi que les moyens humains et financiers en faveur de la sécurité.
Nous devons être en capacité d’évoluer avec le territoire. A nos élus au pouvoir, maintenant, de s’entendre et d’arrêter leur idéologie politique, c’est la sécurité quotidienne des citoyens ainsi que leur tranquillité publique qui est en jeu. Même si pour certains points, cela risque encore du prendre du temps au regard du travail qu’il reste déjà à accomplir dans le transfert des compétences, une mutualisation de la vidéoprotection peut déjà très vite s’engager, de même que le développement de la sécurité dans nos transports publics.
Tout est question de volonté et de convictions. Notre groupe regrette le manque de convictions et d’implication de la majorité échirolloise qui joue sur l’artifice, comme de la poudre aux yeux, avec quelques moyens supplémentaires pour calmer la grogne des habitants et démontrer les efforts, en augmentant simplement les effectifs.
Mais il ne fait pas bon creuser en profondeur dans les méandres de la politique échirolloise qui en fait, ne souhaite pas que sa police municipale intervienne sur la fonction régalienne et préfère la laisser du coté du social.
Le budget alloué à la police municipale, de même que les ordres donnés, ainsi que le fonctionnement actuel du CSU illustrent parfaitement sur le terrain, le manque total de volonté de la ville d’afficher une politique de tranquillité publique ferme.
Et puis, si M. Monel n’avait aucun problème avec la vidéoprotection, il y en aurait plus sur la ville depuis le temps, or, depuis le nouveau mandat, aucun plan de développement n’a été instauré !
Vous l’aurez compris tout est dans l’affichage, car sans courage politique il est difficile d’avancer. Espérons que l’effet de groupe aura au moins comme avantage de tirer tout le monde un minimum vers le haut et ce, dans l’intérêt général !

Magalie VICENTE
Conseillère municipale UMP à Échirolles
Candidate de la droite, du centre
et de la société civile à la mairie d Échirolles pour 2014